Projets Scientifiques Collectifs au Département de Mathématiques


  1. Pourquoi un PSC en mathématiques?
  2. Quelques pistes pour des thèmes de PSC en mathématiques
    1. Les géométries non-euclidiennes
    2. Modélisation de phénomènes physiques
    3. La courbure comme outil d'analyse de l'espace continu ou plus singulier
    4. Le son et la forme
    5. Les matrices aléatoires
    6. La méthode de Newton de résolution d'équations, approximations successives et dynamique
    7. Des nombres p-adiques à la résolution d'équations diophantiennes
    8. Le théorème d'inversion locale et des fonctions implicites
    9. Dynamiques chaotiques: théorie et simulations
    10. Chaos en mécanique classique
    11. Dynamique et théorie des nombres
    12. Réseaux
    13. Analyse et arithmétique
    14. Théorie des groupes: ses applications dans tous les domaines des arts et des sciences.
    15. Codes de recouvrement
    16. Transversalité
    17. Opérateurs bornés dans L2
    18. Géométrie semi-algébrique, transversalité et robotique
    19. Equations de Navier-Stokes
    20. Autour de l'opérateur de Laplace
    21. Stabilite du systeme solaire
  3. Quelques ressources sur le web
  4. Documents officiels

Pourquoi un PSC en mathématiques?


Le Projet Scientifique Collectif en mathématiques est l'occasion de mettre à profit les connaissances acquises au cours de la scolarité pour découvrir des mathématiques vivantes, loin de leur aspect scolaire, et avoir un premier contact avec le monde de la recherche.

Le thème du PSC doit être mathématique ou pluridisciplinaire à dominante mathématique. Il devra être situé dans une perspective historique (problème initial, évolution et progrès scientifiques majeurs, nouveaux concepts, retombées, interactions avec d'autres domaines...). L'état de la recherche contemporaine pourra être décrit (résultats obtenus par rapport au questionnement initial, perspectives futures). La part technique du PSC se présente comme la sélection d'un fragment cohérent dont les démonstrations seront maîtrisées, éventuellement illustrée par une implémentation informatique. Enfin le travail comportera une part importante de communication (rapport écrit, présentation vers le "public cultivé" à l'occasion de la soutenance, exposés plus spécialisés dans le cadre d'un séminaire).

Pour toute question relatif au PSC en mathématiques (démarche, sujets, tuteurs,...), merci de me contacter: laszlo@math.polytechnique.fr (coordinateur)

Quelques pistes pour des thèmes de PSC en mathématiques


Avertissement. La liste ci-dessous n'est aucunement limitative ou exhaustive (si vous êtes déjà attiré par un domaine ou une question, c'est encore mieux) mais se veut plus simplement un point de départ pour la réflexion des groupes cherchant un thème mathématique approprié à un travail en PSC.

Modélisation de phénomènes physiques

L'idée de ce projet serait de découvrir un certain nombre de domaines ou la modélisation de phénomènes physiques de la vie quotidienne se fait par l'intermédiaire d'équations différentielles ordinaires ou d'équations aux dérivées partielles et de comprendre comment des propriétés qualitatives de ces équations permettent d'expliquer des phénomènes observables. On pourra s'interesser par exemple à la formation des dunes de sables, au mouvement des avalanches, à la propagation des épidemies, au traffic routier, à la propagation des flammes ou aux supersolides.

Amandine Aftalion

Les géométries non-euclidiennes


Pendant deux millénaires, la seule géométrie concevable était la géométrie dont Euclide avait défini les fondements dans ses "Éléments". Les tentatives pour prouver que le postulat des parallèles était superflu a mobilisé beaucoup de mathématiciens pour finalement déboucher sur la découverte de géométries non-euclidiennes par Nicolas Lobachewski et Janos Bolyai. Le concept fondamental qui est sous-jacent est celui de courbure intrinsèque qui a été découvert par Carl Friedrich Gauß, et qui a trouvé plus d'un siècle plus tard une superbe utilisation dans la théorie de la Relativité Générale.
Jean-Pierre Bourguignon

La courbure comme outil d'analyse de l'espace continu ou plus singulier

La courbure, qui est un invariant local d'une métrique, permet de contrôler la géométrie des distances des parties lisses de l'espace mais aussi de détecter les points singuliers (exemple des trous noirs dans les modèles relativistes).
Jean-Pierre Bourguignon

Le son et la forme

L'énergie de vibration d'un système, par exemple une peau de tambour qu'on peut assimiler à un domaine dans le plan, se répartit sur les harmoniques qui correspondent aux valeurs propres de l'opérateur de Laplace. Or ces valeurs propres dépendent de la géométrie d'un domaine et des conditions aux limites. Un certain nombre de résultats comme le théorème de Faber-Krahn relie le son fondamental du tambour à sa forme. Plusieurs questions ouvertes demeurent comme par exemple le fameuse question posée par Marc Kac "Peut-on entendre la forme d'un tambour ?".
Jean-Pierre Bourguignon

Les matrices aléatoires

Les matrices aléatoires interviennent aujourd'hui dans de nombreux domaines des sciences physiques et mathématiques, aussi bien en statistiques, en physique quantique, en théorie des algèbres d'opérateurs ou même en théorie des nombres (à travers les liens avec la fonction zêta de Riemann).
Philippe Biane

La méthode de Newton de résolution d'équations, approximations successives et dynamique

Il s'agit de rappeler une méthode classique de résolution de l'équation f(x)=0 (f de classe C^1) par itérations en partant d'un point x_0 où la valeur de f est petite mais sa dérivée grande. Posé globalement ce problème débouche sur des questions actuelles de la théorie des systèmes dynamiques, notamment dans le domaine complexe. 
Jacques Tilouine, Jérôme Buzzi

Des nombres p-adiques à la résolution d'équations diophantiennes

On introduit une nouvelle topologie sur Q pour laquelle "petit" veut dire très divisible par un nombre premier fixé p. Elle provient d'une valeur absolue ultramétrique, ce qui fournit une nouvelle géométrie avec laquelle on doit se familiariser. Le lemme de Hensel transpose à ce nouveau contexte  la méthode de Newton, dans le but de résoudre des équations polynomiales à coefficients rationnels avec des solutions p-adiques (le but ultime est de trouver des solutions elles aussi rationnelles).
Jacques Tilouine


Le théorème d'inversion locale et des fonctions implicites

On montre comment ce théorème convenablement généralisé permet d'établir des théorèmes fondamentaux de l'analyse ou de la dynamique.
Jacques Tilouine, Jérôme Buzzi


Dynamiques chaotiques: théorie et simulations

Les dynamiques chaotiques sont souvent étudiées par le biais de simulations alors que leur caractère chaotique empêche d'en calculer correctement... une seule orbite! Après s'être familiarisé avec les résultats théoriques fondamentaux (qui sont bien établis dans le cas "fortement chaotique"), on fera une comparaison empirique entre ceux-ci et les résultats de simulations contrôlées. Ce rapport est beaucoup plus délicat à appréhender théoriquement et fait l'objet de recherches actuelles.
Jérôme Buzzi

Chaos en mécanique classique

On verra ce qu'est le "chaos déterministe" et comment on peut le mettre en évidence et l'étudier dans un système mécanique hamiltonien, par exemple le pendule, grâce à des techniques combinant analyse fonctionnelle, calcul analytique et géométrie.
Jérôme Buzzi

Dynamique et théorie des nombres

A l'occasion d'un résultat récent (l'existence de k-uplets de nombres premiers équidistants pour tout entier positif k), on verra comment des outils ou des idées issues de la dynamique permettent de résoudre certaines questions de théorie des nombres.
Jérôme Buzzi

Réseaux

Les réseaux interviennent dans de mutiples domaines des mathématiques, comme les empilements de sphères, les groupes cristallographiques, les algèbres de Lie, les courbes elliptiques... Les  questions qui se posent vont de la théorie à l'algorithmique. On cherchera à donner un aperçu de la diversité et de la profondeur des
mathématiques en jeu.
Yves Laszlo

Analyse et arithmétique

Un nombre entier est aussi un nombre réel, complexe même ! Cette remarque anodine est à la base de méthodes d'investigation profondes (théorème des nombres premiers, nombre de décomposition d'un entier en somme de carrés, équirépartition de suites, transcendance...). On dégagera un certain nombre d'exemples illustrant la puissance de l'analyse comme outil arithmétique.
Yves Laszlo

Théorie des groupes: ses applications dans tous les domaines des arts et des sciences.

La théorie des groupes de symétrie et de leurs représentations trouve des applications dans tous les domaines des arts et  des sciences: pavages, optimisation, cristallographie, règles de sélection en chimie quantique, équation de Dirac, théories de jauge , pour en citer quelques-uns. Ce sujet permet un travail vraiment collectif.
Nicole Berline

Codes de recouvrement

Étant donnés les entiers q et n, on désigne par H_q^n l'hypercube {0,...,q-1}^n. La distance de Hamming entre deux points de H_q^n est définie comme le nombre de coordonnées qui diffèrent.
Un code couvrant q-aire de longueur n pour le rayon R est un ensemble C de points de H_ q^n tel que tout point est à distance au plus R de C. La taille minimale d'un tel code est usuellement notée K_q(n,R), et les codes correspondant sont appeles codes optimaux. Ils n'ont aucune raison d'etre "simples" et en pratique on se contente de trouver des bornes pour K_q(n,R).
Pour obtenir des bornes supérieures pour K_q(n,R), on cherche a construire des codes couvrants explicites. L'objectif du travail propose est de parvenir a faire de telles constructions en utilisant des méthodes de recherche locale (type recuit simulé ou algorithme genetique).
Ce sujet peut être vu au choix comme des mathématiques expérimentales ou de l'informatique théorique...
Alain Plagne

Transversalité

La transversalité est une notion fondamentale de la topologie différentielle. Les concepts mathématiques utilisés par cette théorie sont très simples: deux courbes lisses dans le plan se coupent de façon transverse si en chaque point commun, les tangentes aux deux courbes sont distinctes. Cette notion se généralise considérablement.  Sa force réside en un mélange astucieux d'analyse, d'algèbre linéaire et de topologie élémentaire, qui permet, avec un minimum d'effort, d'obtenir des resultats étonnants en analyse, en géométrie, en dynamique,...
Andrei Moroïanu

Opérateurs bornés dans L2

Il s'agit d'opérateurs du type u |---> intégrale de K(x,y)u(y) dy (ou de matrices infinies pour l^2). Si K est une fonction positive, il existe de bons critères pour que l'opérateur applique continûment L^2 dans L^2. Dans le cas général, une caractérisation est hors d'atteinte et on recherche des conditions suffisantes efficaces et bien adaptées à divers types de problèmes d'analyse.

Cette problématique qui remonte à Hilbert et qui a été illustrée par Calderon et Zygmund  a connu des développements importants dans les dernières décennies. Elle a permis de résoudre plusieurs problèmes de premier plan en analyse  harmonique, en analyse complexe et en théorie des équations aux dérivées partielles.
Jean-Michel Bony

Géométrie semi-algébrique, transversalité et robotique

La géométrie semi-algébrique étudie les parties de R^n définies par des inégalités polynomiales.  Ces objets, déjà dignes d'intérêts en eux-mêmes, ont grâce à leur caractère mêlant flexibilité et rigidité, des applications aussi bien mathématiques (où ils apparaissent comme approximations d'objets hautement différentiables et donnent lieu à des versions quantitatives de théorèmes classiques tel le théorème de Sard) qu'extra-mathématiques (par exemple le problème du contrôle de bras mécaniques au milieu d'obstacles).
Jérôme Buzzi

Equations de Navier-Stokes

La compréhension de cette équation fondamentale de la dynamique des fluides est un des grands problèmes de la physique mathématique d'aujourd'hui. Le problème central (qui figure d'ailleurs parmi les sept problèmes Clay) est de savoir si les solutions de cette équation peuvent développer une singularité en temps fini. On partira de l'article fondateur de Jean Leray (1933) établissant l'existence de solutions ``turbulentes'' à ces équations (c'est le premier théorème d'existence pour ce système) avant d'aborder des articles plus récents. Ce thème se prête également à une étude numérique.
Isabelle Gallagher

Autour de l'opérateur de Laplace

L'opérateur de Laplace a une longue histoire et les fonctions harmoniques ont de profondes propriétés: lien avec les fonctions holomorphes, formule de la moyenne, principe du maximum. On pourra ensuite aborder  les équations elliptiques: diverses formes du principe du maximum, inégalité de Harnack, estimations a priori.
Amandine Aftalion

Stabilite du systeme solaire

Newton ne pensait pas que la loi de la gravitation universelle suffisait a expliquer l'absence de changements qualitatifs dans le systeme solaire au cours de sa tres longue histoire. Laplace avait obtenu des resultats tres partiels pointant vers une telle "stabilite du systeme solaire". Mais c'est Poincare qui a la fin du XIXeme siecle inaugure l'etude moderne de ce probleme qui ne recoit une reponse de principe que dans les annees 1960 a travers la theorie de Kolmogorov-Arnold-Moser qui combine geometrie, analyse, probabilites et theorie des nombres. L'applicabilite de cette theorie au systeme solaire fait encore l'objet de travaux actuels (nouveaux theoremes, versions explicites, etudes numeriques).
Jerome Buzzi


Quelques ressources sur le web

Sociétés Mathématiques en France
Brochure: l'explosion des mathématiques
Images des Mathématiques
Clay Institute of Mathematics
The geometry center
Preuves et progrès en mathématiques - W. Thurston

Documents officiels


Site Web PSC





Mise à jour en cours.
Yves Laszlo, coordinateur PSC pour le Département de Mathématiques